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Campagnes électorales et élections à travers les caricatures d’Albert Dubout : temps et espaces de conflits

frPublié en ligne le 22 décembre 2017

Par François Dubasque

Résumé

Albert Dubout a toujours refusé tout type d’engagement politique au nom de la sauvegarde de son indépendance. S’il réalise, à ses débuts, un certain nombre de dessins politiques, c’est la caricature de mœurs qui est par la suite son centre d’intérêt principal. Dubout n’a donc rien d’un militant ou du porte-parole d’une cause. Il est loin cependant de rester indifférent à la vie politique. Et s’il refuse de se spécialiser dans le dessin politique, la politique n’en imprègne pas moins ses dessins. Avec un humour grinçant, il offre en effet une représentation imagée de la société politique française de son temps qui met en lumière un certain nombre de dysfonctionnements et de déviances et livre en définitive une analyse assez critique de la pratique démocratique.

L’analyse de son œuvre donne l’impression que la propagande politique s’exerce dans le cadre d’une pratique dont les formes ont peu varié de la IIIe à la Ve République. Loin d’exalter l’idéal de la vertu civique républicaine, elles s’inscrivent au contraire dans une logique de conflit et de manifestations violentes liée au contexte de lutte pour le pouvoir. Toutefois, le regard de Dubout, qui embrasse trois Républiques, met également en lumière des évolutions. Ses dessins offrent quelques pistes de réflexion sur les mutations du processus conflictuel inhérent à la campagne électorale, et plus largement à la vie politique nationale. Le travail du caricaturiste est lui-même le reflet d’une époque désabusée et inquiète, marquée par les scandales à répétition depuis les années 1930.

Finalement, à y regarder de près, la posture politique de Dubout est empreinte d’un certain relativisme : pour lui, les étiquettes politiques se valent et sont interchangeables. Son rapport à la politique relève moins d’un mouvement d’indignation que d’une forme de consternation. Cependant, la désespérance semble avoir progressivement fait place à une forme de désenchantement goguenard. Dubout n’en demeure pas moins un observateur critique des pouvoirs en place, capable de s’insurger contre l’échec de l’entreprise de moralisation de la vie politique et d’alerter sur ses effets dans une société en manque de repères.

1Selon Michel Melot, Albert Dubout a toujours refusé tout type d’engagement politique au nom de la sauvegarde de son indépendance. S’il réalise, à ses débuts, un certain nombre de dessins politiques, c’est la caricature de mœurs qui est par la suite son centre d’intérêt principal1. Sur la cinquantaine de dessins politiques extraits des six volumes de son œuvre2, et qui constituent le corpus de cette étude, près de 70 % ont en effet été exécutés entre 1926 et 1940. Dubout appartient alors à cette jeune génération de dessinateurs qui débutent leur carrière à l’époque du Cartel des gauches, période où la caricature politique fait une entrée en force dans la presse. Il contribue donc, avec d’autres, à la reconnaissance de l’activité de dessinateur de presse. Toutefois, méfiant à l’égard des contrats d’exclusivité, il multiplie les collaborations aux journaux de manière à éviter que lui soit collée une étiquette. Ses dessins sont publiés dans une quinzaine de titres différents, parmi lesquels des journaux satiriques illustrés tels Le Rire ou Ric et Rac, la grande presse d’information générale comme Le Journal, ou encore des hebdomadaires d’opinions variées. Dans les années 1930, ses caricatures côtoient aussi bien celles de Sennep dans Candide que de Gassier dans Marianne. Le premier organe, à destination de la petite et moyenne bourgeoisie, est antiparlementaire et anticommuniste. L’un de ses directeurs, Pierre Gaxotte, est un proche de Charles Maurras. Le second, lancé en 1932 par Gaston Gallimard et dirigé par l’essayiste Emmanuel Berl, s’adresse plutôt aux intellectuels de gauche antifascistes et pacifistes.

2Dubout, considéré par ailleurs comme un grand timide et un anxieux peu bavard, n’a donc rien d’un militant ou du porte-parole d’une cause. Il est loin cependant de rester indifférent à la vie politique. Trois ans avant sa mort, il accepte par exemple d’illustrer entièrement le numéro que le mensuel humoristique Satirix3 consacre aux élections législatives de mars 1973. Et s’il refuse de se spécialiser dans le dessin politique, la politique n’en imprègne pas moins ses dessins comme l’observe Michel Melot à juste titre. Avec un humour grinçant, il offre en effet une représentation imagée de la société politique française de son temps qui met en lumière un certain nombre de dysfonctionnements et de déviances et livre en définitive une analyse assez critique de la pratique démocratique. Examiner la façon dont le caricaturiste met en scène la vie politique nationale ordinaire, en particulier le temps des élections, permet de mieux appréhender la nature et la portée de cette critique.

3Le terme de « campagne », invitation à la promenade et à l’insouciance suggérée par le titre de l’un de ses dessins paru dans Marianne4 quatre jours avant le premier tour des élections législatives de 1936, revêt ainsi un tout autre visage lorsqu’il renvoie aux luttes politiques pour l’accès à l’exercice du pouvoir.

Dessin n1. « Promenade à la campagne électorale », Marianne, 22 avril 1936, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 138 © Indivision Dubout

4La campagne électorale consiste dès lors, afin de rallier le maximum de suffrages, à mobiliser et à mettre en compétition, ou en opposition, des hommes (candidats, militants, électeurs), des organisations (partis, associations), des ressources matérielles, des signes politiques et outils de propagande, des idéologies et visions du monde. Sous l’œil féroce de Dubout, elle représente donc un carrefour d’influences et de forces contradictoires traversé par la polémique et le conflit.

5Il y a donc lieu de découvrir d’abord en quoi, dans l’œuvre de ce dessinateur, cette logique d’affrontement commande véritablement le jeu démocratique, à travers ses mécanismes, ses pratiques traditionnelles et ses acteurs. C’est ensuite l’expression de nouvelles formes de conflits politiques qu’il importe de mettre en évidence à travers une production artistique échelonnée sur cinq décennies et trois Républiques.

Les formes traditionnelles de la campagne électorale, une logique d’affrontement

6La représentation de l’échec d’un idéal d’espace-temps civique

7Lorsqu’Albert Dubout commence sa carrière, la IIIe République est un régime stable, qui a résisté à l’épreuve de la guerre. Le suffrage universel, instauré depuis trois-quarts de siècle, est censé, dans la vision républicaine, rendre illégitime toute forme de violence. Les républicains ont en effet cherché à promouvoir une éthique du suffrage reposant sur un code de bonne conduite électorale. La loi a ainsi fixé le cadre chronologique de la campagne électorale et précisé les conditions d’exercice de la propagande politique durant cette période. Des dispositions destinées à garantir la liberté du vote sont venues compléter cet arsenal législatif. La loi du 29 juillet 1913 « ayant pour objet d’assurer le secret et la liberté de vote », modifiée par celle du 31 mars 1914 relative à la lutte contre la corruption, introduit par ailleurs l’isoloir, tandis que l’usage de l’enveloppe dans laquelle est glissé le bulletin de vote est systématisé à partir de 1919. Ces mesures sont complétées par l’établissement d’un cérémonial solennel et public : le vote a lieu dans un espace civique, mairie ou école, et doit se dérouler un dimanche. Elles visent, du point de vue républicain, à faire du vote un acte individuel, rationnel et réfléchi permettant au citoyen d’exprimer une opinion dégagée de toute forme de pression. Or, pour le caricaturiste, c’est dans les conséquences inattendues d’une pratique électorale désormais codifiée que vient s’immiscer le rire. Ainsi Dubout représente-t-il, à l’occasion du référendum de mai 1946, une file d’électeurs impatients attendant désespérément que se libère l’isoloir occupé par un « indécis »5, placé devant un choix cornélien...

8Par-delà la boutade, c’est surtout l’écart entre les principes édictés et la réalité qui retient son attention. Reflet d’une volonté de socialisation politique à la fois par le verbe durant la campagne et par le vote, le choix progressif d’un cadre électoral n’a pas enterré les ressorts classiques de l’expression politique. Les bustes de Marianne dont il parsème ses vignettes semblent symboliser ce hiatus. Loin de l’allégorie altière de la République, c’est sous des traits ou dans des situations grotesques qu’il choisit de les représenter, jusqu’à ce portrait hideux d’une femme mi-clocharde, mi-sorcière, coiffée d’un bonnet phrygien rapiécé, exhibé dans Satirix en 19736.

Dessin n2. « On vote ! », Satirix, 18, mars 1973 (couverture) © Indivision Dubout

9Mais Dubout s’attache surtout à montrer que, malgré tous les efforts de rationalisation, les campagnes électorales et les élections n’ont rien perdu de leur caractère conflictuel. À cet égard, la réunion publique représente pour lui un champ d’observation idéal. Point d’orgue de la campagne, celle-ci met face à face les candidats selon le principe du débat contradictoire, ce qui lui confère un succès d’audience assuré. Par la loi de juin 1881 relative à la liberté de réunion, le législateur a voulu encadrer ce type de débat. Selon une formule inspirée du Parlement national, un bureau composé du président et de ses assesseurs est élu, le tour de parole entre les différents orateurs est réglé d’avance tandis qu’un « ordre du jour » est voté en fin de réunion. Mais ce que Dubout préfère mettre en évidence, ce sont au contraire les limites de cette entreprise de codification des pratiques électorales. Comme le montrent deux de ses trois dessins publiés dans La Bataille, la volonté de créer les conditions d’une propagande politique respectueuse du régime démocratique se heurte à une toute autre réalité. Dans le premier, effectué lors des élections législatives de juin 1946, le candidat, faisant face à une foule particulièrement agitée, s’est prudemment glissé sous une table pour éviter des projectiles. De cette position inconfortable, il gémit : « Allons, chers électeurs, soyez gentils ! C’est à moi de parler maintenant. »7 Dans le second, lors des élections municipales d’octobre 1947, alors qu’une bagarre a visiblement éclaté dans la salle de réunion, un personnage arrivé en retard présente poliment ses excuses et déclare : « Je suis le contradicteur. »8 En pratique, l’orateur doit savoir répondre aux tentatives de déstabilisation, interruptions, invectives et injures. Certains débatteurs sont connus pour leur attitude tapageuse. Rallier les suffrages pour conquérir le pouvoir ou s’y maintenir reste l’unique but des candidats en campagne. La compétition politique est donc nécessairement féroce et vise aussi bien l’idéologie que les aspects plus spécifiques à la personne.

10L’exercice ordinaire de la propagande politique

11L’analyse de l’œuvre de Dubout donne l’impression que la propagande politique s’exerce dans le cadre d’une pratique dont les formes ont peu varié de la IIIe à la Ve République. Le candidat va à la rencontre des électeurs. Il organise des conférences et offre à boire dans les cafés et auberges, lieux de convivialité fréquentés par les clubs et cercles politiques. Or, ces tournées électorales sont rarement pacifiques. La violence couve sans forcément éclater mais chez Dubout, ce genre de manifestation se transforme rapidement en bousculade, tandis que les querelles entre militants dégénèrent souvent en bagarres. À 40 ans d’intervalle, quatre de ses dessins, mettant en scène des réunions publiques, illustrent ces dérives. Il s’agit de « Minuit chrétien au club politique »9, publié dans Le Rire du 23 décembre 1933, « Réunion publique »10, publié dans Le Journal du 12 décembre 1934, ainsi que deux autres vignettes parues dans Ici Paris en 1951 et 197111.

Dessin n3. Ici Paris, 9 mars 1971, repris dans Satirix, 18, mars 1973, p. 2, sous le titre : « Tiens, la campagne électorale est commencée ! », reproduit dans Œuvre intégral, op. cit.,t. 3, p. 275 © Indivision Dubout

12Trois des quatre scènes représentées ont lieu dans un café où règne le chaos : bouteilles et verres sont brisés, le mobilier est renversé, des coups de poing et de feu sont échangés. C’est le candidat lui-même qui est parfois molesté comme dans ce dessin de jeunesse de 1929 où il est représenté menacé par un électeur patibulaire brandissant un énorme marteau12. Dubout oppose donc toujours le principe de concorde à la réalité conflictuelle de la campagne. La légende qui accompagne chacun de ses dessins vient par ailleurs accentuer l’effet comique par son côté décalé. Ici, un candidat que les actes de violence ne perturbent apparemment pas déclare : « Garder son sang-froid, telle est la péroraison de mon discours »13 ; là, un militant assène cette réplique cinglante à l’adversaire qu’il est en train d’étrangler : « Mais moi aussi, tête d’lard, je suis pour une politique d’apaisement. »14

13Au cours de la campagne, l’éloquence joue évidemment un rôle primordial. Elle s’apparente aussi à un combat comme l’illustre un dessin représentant la rentrée parlementaire des leaders politiques de gauche, juste après que le Cartel des gauches a perdu le pouvoir. Paru dans Le Rire du 6 novembre 1926 sous le titre « L’entraînement à l’éloquence »15, on y distingue Édouard Herriot, Aristide Briand, Marcel Cachin, Marcel Déat et Léon Blum en tenues de boxeurs, prêts à en découdre avec le nouveau gouvernement dirigé par Raymond Poincaré, adversaire politique écarté du pouvoir deux ans plus tôt. Là encore, la légende suivante vient en renfort du dessin pour appuyer la comparaison : « Pardon Monsieur, est-ce une manifestation sportive ? Mais non, mon ami, c’est la rentrée des Chambres ! », peut-on lire.

Dessin n4. « L’entraînement à l’éloquence », Le Rire, 6 novembre 1926, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit.,t. 1, p. 127 © Indivision Dubout

14Dubout associe par ailleurs l’éloquence politique à la langue de bois. Il faut à la fois savoir mettre les auditeurs de son côté et éviter de se faire déstabiliser par ses adversaires. Le discours politique – comme la profession de foi électorale – repose donc sur des formules passe-partout (comme celle-ci :« Messieurs ! Ainsi je le répète tous les jours de ma vie, vous connaissez ma devise : pas de paroles, des actes ! »16) et suit un catalogue de promesses qui assimile celui qui les prononce à un comédien17.

Dessin n5. « Propagande électorale », Le Journal, 31 mars 1932, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit.,t. 1, p. 396 © Indivision Dubout

15C’est pourquoi Dubout met aussi en garde contre les effets néfastes de telles pratiques. Un de ses dessins publié 1946 représente, dans une salle presque vide, un candidat proclamant : « Mon programme est simple : tous pour un... »18 L’absence de la foule qui se presse habituellement à ces réunions électorales semble préfigurer le désintérêt croissant des Français pour la politique et les discours de leurs représentants auxquels ils adhèrent de moins en moins.

16Chaque candidat dispose par ailleurs d’un arsenal d’instruments de propagande que Dubout se plaît à décrire minutieusement. Les affiches, rédigées en noir sur couleur franche, sont longtemps restées le véhicule privilégié de la propagande, et occupent, à ce titre, une grande place dans ses dessins politiques. Elles puisent leurs textes dans un registre de vocabulaire courant, voire ordurier, destiné à alimenter les polémiques.

Dessin n6. « Affiches électorales », dans Satirix,18, mars 1973, p. 2, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 3, p. 290 © Indivision Dubout

17Dans un dessin humoristique où il introduit un personnage de rédacteur de panneaux électoraux, Dubout associe le langage fleuri de celui-ci avec celui tout aussi fleuri des chauffeurs de taxi19.

Dessin n7. « Élections burlesques », Le Journal, 25 avril 1936, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 136 © Indivision Dubout

18L’adversaire est affublé de toutes les tares et porteur de tous les maux, à l’inverse des qualités de compétence, d’efficacité, de sérieux et de sincérité que s’attribue le candidat. L’affrontement prend souvent des allures diffamatoires, où l’on n’hésite pas à étaler la vie privée comme angle d’attaque récurrent, comme le rappelle cette caricature parue dans Satirix en mars 1973 où Dubout glisse une allusion au scandale des « ballets roses ». Cette affaire de mœurs, dans laquelle était impliqué l’ancien président de l’Assemblée nationale André Le Troquer, avait défrayé la chronique au début de la Ve République20. À cet égard, les allégations de dernière minute constituent une arme d’une redoutable efficacité car elles rendent fort improbable la riposte.

19« Les trucs électoraux »

20Voilà pourquoi, des banalités de la profession de foi aux polémiques et aux coups bas, la campagne devient de plus en plus ardente au fur et à mesure de son déroulement. Elle nécessite de la part des candidats la maîtrise d’un certain savoir-faire. À ce sujet, de nombreux ouvrages s’attachent sous la IIIe République à décrypter, selon l’expression de Charles Benoist, « l’art de capter les suffrages et le pouvoir »21. Ils dressent une liste édifiante de manipulations, de « trucs électoraux » pour battre les adversaires. Parmi les manœuvres récurrentes se développent la fraude et la corruption ordinaire. Comme le suggère Albert Dubout lorsqu’il caricature les élections législatives de 1936, il est parfois difficile, à l’échelle de l’arrondissement, de distinguer la corruption caractérisée, collective ou individuelle, des libéralités acceptables. Dans Les Idées politiques de la France, Albert Thibaudet précise toutefois que des achats de voix ont lieu dans environ six circonscriptions sur six cents, soit seulement 1 % d’entre elles22. Entre 1906 et 1939, vingt-deux invalidations sont prononcées par la Chambre des députés, dont seize pour manœuvres frauduleuses et corruption. Ces situations restent donc marginales, mais certaines régions comme le Midi méditerranéen et les Alpes y sont plus exposées. Originaire de Marseille, Dubout, qui a vécu ensuite sa jeunesse à Nîmes, se plaît à mettre en scène les pratiques électorales dans ces villes qualifiées de « bourgs pourris », particulièrement marquées par la corruption, la fraude et la violence. Dans « Élections burlesques », l’auteur dénonce deux déviances : la falsification de listes électorales à Marseille par le rajout « d’électeurs fantômes » et le rôle d’agents électoraux d’un genre particulier durant la campagne23. Les candidats ont recours à des équipes de protection, recrutées au sein des ligues locales ou dans les milieux de la pègre marseillaise et parisienne. Loin de se contenter d’assurer la sécurité d’un candidat, elles perturbent la campagne adverse, terrorisent les électeurs et s’affrontent entre elles. Dans une caricature publiée dans La Bataille en 1946, il s’agit du fameux Sparadra qui est lui-même reconverti en homme de main dans le cadre de la compétition électorale24.

21Ces formes de campagne, dans lesquelles les comportements traditionnels ont encore du poids, constituent donc le caractère ordinaire de la période électorale telle qu’elle est représentée par Dubout. Loin d’exalter l’idéal de la vertu civique républicaine, elles s’inscrivent au contraire dans une logique de conflit et de manifestations violentes liée au contexte de lutte pour le pouvoir. Elles demeurent donc de puissants freins à la volonté républicaine de moraliser le scrutin. Toutefois, le regard de Dubout, qui embrasse trois Républiques, met également en lumière des évolutions. En rechercher la teneur et la portée présente un sujet d’intérêt.

Le regard de Dubout sur la vie politique, témoignage de nouvelles formes de conflits ?

22Les dessins de Dubout offrent quelques pistes de réflexion sur les mutations du processus conflictuel inhérent à la campagne électorale, et plus largement à la vie politique nationale.

23De nouvelles formes d’action collective

24De nouvelles formes d’action collective viennent bouleverser les modes traditionnels de conflits politiques. La structuration des partis politiques apporte une modification sensible des réunions publiques en les transformant en démonstration de force à visée partisane. Or, les dessins de Dubout semblent attester qu’il convient de ne pas exagérer la rapidité de cette évolution, ni la généraliser. S’ils mettent volontiers en scène l’opposition frontale entre candidats, en revanche l’emprise partisane y reste légère. Tout juste trouve-t-on quelques indices de la bipolarisation croissante de la vie politique française, à travers une série de caricatures réalisées en 1926-1927, représentant les leaders de la gauche et de l’extrême gauche25. Il est à noter toutefois que Dubout quant à lui ne semble pas prendre parti, à l’inverse de Jean Sennep qui s’impose, par ses dessins dans L’Action française, L’Écho de Paris ou Candide, comme le caricaturiste le plus féroce du camp anticartelliste. Durant cette même période, celui-ci publie deux recueils de caricatures : Cartel et Cie et À l’abattoir les Cartellistes26, dans lesquels il ridiculise les chefs de file de la gauche en les représentant notamment sous les traits d’animaux de ferme (Édouard Herriot devient ainsi un bœuf de boucherie). De la même façon, « Élections burlesques », un dessin publié à la veille des élections législatives de 1936, fait quelques allusions au conflit idéologique opposant fascistes (représentés par une croix gammée) et antifascistes (représentés par le tripode trois flèches, faucille et marteau, et poing levé). Les ligues d’extrême droite, dont le mot d’ordre « ni droite ni gauche » est incantatoire, apparaissent également en filigrane. Mais en dépit d’une production abondante durant les années 1930, on ne trouve en définitive, dans ses œuvres, que peu de traces de l’activisme de ces ligues, alors que, dans la même période, ses confrères de gauche n’hésitent pas à les brocarder.

25Finalement, à y regarder de près, la posture politique de Dubout est empreinte d’un certain relativisme : pour lui, les étiquettes politiques se valent et sont interchangeables. C’est le cas de ce candidat Fumistar qui se déclare « Républicain-royalo-socialo-modéré »27 au début des années 1930 ou des candidats « Dupont » et « Durand »28 qui s’affrontent aux élections municipales d’avril 1945. À travers les positionnements politiques à géométrie variable, c’est l’opportunisme du personnel politique qui est ici dénoncé.

26Ce n’est donc pas à partir des formations politiques ou de leurs représentants que Dubout illustre le mieux le passage à l’ère des rassemblements de masse. La foule, qui est l’un de ses thèmes favoris, devient, dans son acception politique, le vrai reflet de la démocratie. L’importance qu’il accorde aux détails permet en effet de distinguer, par-delà le nombre, la diversité sociale dans une communauté où chaque individu compte pour une voix. Avec le temps, ses foules apparaissent moins menaçantes, mais toujours aussi agitées, incohérentes, cacophoniques29. Même si le regard se fait plus tendre, le monde politique que Dubout représente reste néanmoins, selon Michel Melot, un monde instable qui a pour corollaire une société désorientée30. De fait, la critique n’est, chez lui, jamais univoque. Le regard qu’il porte sur la question du suffrage féminin en apporte une preuve évidente. S’il dénonce à plusieurs reprises, dans les années 1930, le blocage du Sénat, qui se montre hostile à l’égalité des droits politiques par peur du désordre social31, il est aussi sévère ensuite avec les féministes du Mouvement de Libération des Femmes dont il moque l’agitation hystérique32.

Dessin n8. « Assez de futilités, femmes réveillez-vous ! », Satirix, 18, mars 1973, p. 5 © Indivision Dubout

27Les torts sont donc partagés, même si la plus grande part de responsabilité dans l’échec de l’entreprise républicaine de moralisation de la vie politique incombe aux politiques eux-mêmes.

28Le financement de la vie politique

29Au-delà des manœuvres électorales traditionnelles liées à la pratique des faveurs, c’est la question cruciale du financement de la vie politique que Dubout traite dans son œuvre politique. Avec les moyens de communication modernes, l’augmentation exponentielle des coûts de campagne conduit les candidats à solliciter des sources variées de financement. Or, les scandales politico-financiers du milieu des années 1930 révèlent surtout des dysfonctionnements et des pratiques – affairisme, confusion des intérêts, liens collusifs – qui heurtent l’idéal de la vertu républicaine. La corruption, entendue au sens large comme la décadence des mœurs et la dégradation de la morale publique, s’impose comme le mot-clé de ces scandales. Dans un contexte marqué par l’irritation croissante de l’opinion vis-à-vis de ces malversations, Dubout fait de la dénonciation de la collusion entre milieux politiques et financiers l’un des thèmes majeurs de ses dessins politiques. Dans « Publicité avisée », paru dans Le Journal du 6 mai 1935, il rappelle ainsi que dans une conjoncture économique déprimée, la spéculation est devenue la hantise de l’opinion33. Des rancœurs s’accumulent contre les manieurs d’argent, les « Topaze34 » et autres « Staviskeux ». Ce qui est reproché aux hommes politiques, c’est leur incapacité à séparer activités et intérêts, en dépit du mandat électif qui leur est confié35. Sont également blâmés le sentiment d’impunité que confère le pouvoir, et par delà le goût de la dissimulation et du secret incarné par cette figure de député cherchant à effacer les tatouages « à Oustric », « scandales financiers », « vol de l’épargne » qui couvrent son corps36.

Dessin n9. Ici Paris, 9 mars 1971. « Vers les élections », Marianne, 3 avril 1935, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit.,t. 2, p. 99 © Indivision Dubout

30Comme le souligne Dubout, quelle que soit la République, tous les moyens sont bons pour étouffer les scandales et empêcher la vérité d’éclater. Qu’il s’agisse de l’inefficacité des procédures d’enquêtes parlementaires, à l’instar de celle mise en place à la suite des émeutes du 6 février 193437, ou bien de la subordination des moyens d’investigation et de la justice au pouvoir politique, qui a conduit par exemple à « enterrer » le scandale du vin en 194638, le résultat est en effet toujours le même. Du point de vue du caricaturiste, tout se passe comme si le milieu politique disposait, pour préserver son immunité, d’une énorme « machine à écraser les scandales »39.

Dessin n10.« C’est la nouvelle machine à écraser les scandales ! », Satirix, 18, mars 1973, p. 7 © Indivision Dubout

31Il en dépeint d’ailleurs le mécanisme interne dans une vaste composition réalisée à la veille du procès de la Garantie foncière, une société de placement immobilier soupçonnée d’avoir participé au financement de la campagne présidentielle de Georges Pompidou en 1969.

32Un antiparlementarisme viscéral

33Le rapport de Dubout à la politique relève moins d’un mouvement d’indignation que d’une forme de consternation parfaitement illustrée par l’attitude qu’il prête à ses personnages placés à la tribune de la Chambre des députés dans « Le réveillon au Palais-Bourbon ». Ce dessin, publié dans Le Rire du 22 décembre 1928, représente des électeurs et contribuables navrés d’assister au spectacle festif des députés, tout à la joie d’avoir voté le principe d’une augmentation de leur indemnité parlementaire40. Incontestablement, ces pratiques alimentent chez lui un fort sentiment antiparlementaire. Il rejoint sur ce terrain les critiques en provenance, de manière concurrentielle, des droites nationalistes et de l’extrême gauche. Mais son antiparlementarisme est plutôt de nature émotionnelle. Il est plus viscéral que doctrinal dans sa condamnation de l’oligarchie des professionnels de la politique et de leur trahison du suffrage populaire41. Il ne manque pas toutefois de mettre en lumière les conséquences de ces dérives : la rupture entre « pays légal » et « pays réel » conduit ainsi à l’isolement de l’élu42. Plus largement, ce sont les insuffisances du régime parlementaire qu’il dénonce dans les années 1930 : d’un côté la faiblesse du pouvoir exécutif incarné par un président de la République prenant, à l’instar de Louis-Philippe caricaturé par Philipon, les traits d’une poire43, mais aussi la lâcheté du personnel parlementaire prêt à s’en remettre à un homme providentiel en cas de crise grave. Dans une vignette intitulée « La grande peur du Palais-Bourbon »44, parue dans Ric et Rac du 26 mai 1934, c’est Gaston Doumergue, nommé chef d’un gouvernement d’union nationale au lendemain du 6 février 1934, qui est considéré ici comme le sauveur suprême du régime, dans une scène qui préfigure la démission du Parlement devant le maréchal Pétain le 10 juillet 1940.

34Il convient toutefois de préciser qu’Albert Dubout s’en tient au registre de l’ironie mais ne bascule à aucun moment dans la violence picturale ou verbale qu’affectionne en revanche Jean Sennep : pour fustiger « la pourriture parlementaire », ce dernier n’hésite pas à représenter d’ordinaire le Palais-Bourbon au sommet d’un tas de fumier !

Conclusion

35Dubout s’est attaché à mettre en évidence, tout au long de son œuvre, que le conflit est inhérent à la nature du régime démocratique. Le climat de liberté qui le caractérise implique des affrontements d’idées, d’intérêts, de croyances, que ne sont parvenus à supprimer ni l’instauration du suffrage universel, ni les règles qui codifient sa pratique et l’esprit civique dont il doit être empreint. Mais le travail du caricaturiste est lui-même le reflet d’une époque désabusée et inquiète, marquée par les scandales à répétition depuis les années 1930. Durant cette période, sa façon de déformer systématiquement les visages et les corps contribue à donner à la société politique nationale un aspect inquiétant. Cependant, la désespérance semble avoir progressivement fait place à une forme de désenchantement goguenard. Dans les années 1970, ses personnages, toujours aussi agités, paraissent en effet moins menaçants. Dubout n’en demeure pas moins un observateur critique des pouvoirs en place, capable de s’insurger contre l’échec de l’entreprise de moralisation de la vie politique et d’alerter sur ses effets dans une société en manque de repères45.

36En résumé, les dessins imaginés et réalisés par Dubout sont une illustration sans complaisance mais fidèle de notre démocratie, à travers ses formes de contestation, ses dérives et les déceptions qu’elle engendre46, même si chez lui humour et causticité restent indissociables de la distance critique.

Notes

1  Voir en particulier Michel Melot, Dubout, Paris, Michèle Trinckvel, 1979 ou encore Laure Beaumont-Maillet, « Vie, œuvre et fortune critique du “Fou dessinant” » et Michel Melot, « Dubout années 1930. Un expressionnisme à la française », dans Laure Beaumont-Maillet, Jean-François Foucaud (dir.), Albert Dubout, le Fou dessinant, Paris, BnF-Hoëbeke, 2006, p. 13-23 et 25-34.

2 œuvre intégral d’Albert Dubout 1905-1976, Paris, Albert Dubout communication, 2012, 6 tomes, en particulier t. 1 : « Dessins de jeunesse, dessins de presse (1922-1932) », t. 2 : « Dessins de presse (1932-1947), t. 3 : « Dessins de presse (1947-1973) », t. 4 : « Dessins de presse et aquarelles ».

3  « On vote ! », Satirix, illustré par Dubout, 18, mars 1973, 16 p.

4  « Promenade à la campagne électorale », Marianne, 22 avril 1936, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 138.

5  « L’indécis », La Bataille, 16 mai 1946, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 373.

6  « On vote ! », Satirix,18, mars 1973, p. 2, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 3, p. 290 (voir illustration 1).

7  La Bataille, 22 mai 1946, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 376.

8  « Élections municipales 1947 », La Bataille, 15 octobre 1947, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 3, p. 27.

9  « Minuit chrétien au club politique », Le Rire,23 décembre 1933, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 64.

10  « Réunion publique », Le Journal, 12 décembre 1934, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 91.

11  Ici Paris, 11 juin 1951 et 9 mars 1971, reproduits dans Œuvre intégral, op. cit., t. 3, p. 103 et 275. Le second est par ailleurs repris dans Satirix, 18, mars 1973, p. 2, sous le titre : « Tiens, la campagne électorale a commencé ! » (voir illustration 2).

12  « Réunion politique », Le Journal amusant, 3 août 1929, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 1, p. 257.

13  Légende associée au dessin paru dans Le Journal du 12 décembre 1934.

14  Légende associée au dessin paru dans Ici Paris du 11 juin 1951.

15  « L’entraînement à l’éloquence », Le Rire, 6 novembre 1926, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 1, p. 127 (voir illustration 3).

16  Légende accompagnant le dessin intitulé « Banquet politique », Ric et Rac, 22 juillet 1933, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 51.

17  Ainsi, dans « Propagande électorale », dessin publié dans Le Journal du 31 mars 1932, durant la campagne des élections législatives. À côté du candidat sur scène figure un panneau annonçant le spectacle sur lequel est inscrit : « Tous les soirs, venez écouter ses promesses » (voir illustration 4).

18  Debout échos, 1er juin 1946, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 377.

19  « Élections burlesques », Le Journal, 25 avril 1936, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 136 (voir illustration 6).

20  « De toutes façons, nous serons plumés ! », Satirix, 18, mars 1973 (quatrième de couverture), reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 4, p. 80.

21  Charles Benoist, Les Maladies de la démocratie. L’art de capter les suffrages et le pouvoir, Paris, Prométhée, 1929.

22  Albert Thibaudet, Les Idées politiques de la France, Paris, Stock, 1932.

23  « Élections burlesques », Le Journal, 25 avril 1936, op. cit. (voir illustration 6)

24  La Bataille, 22 mai 1946, op. cit.

25  « Chambre des députés », 1926, « L’entraînement à l’éloquence », Le Rire, 6 novembre 1926 (illustration 3), et « Les revoilà », Le Merle blanc, 24 septembre 1927, reproduits dans Œuvre intégral, op. cit., t. 1, p. 120, 127 et 149.

26  Jean Sennep, Cartel et Cie, Paris, Bossard, 1926 et À l’abattoir les Cartellistes, Paris, Bossard, 1928.

27  « Propagande électorale », Le Journal, 31 mars 1932, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 1, p. 396 (illustration 4).

28  La Bataille, 26 avril 1945, reproduits dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 326.

29  Voir par exemple, « Manifestation », Satirix,18, mars 1973, p. 4, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 3, p. 289.

30 Michel Melot, « Dubout années 1930. Un expressionnisme à la française », art. cité., p. 33.

31  Par exemple « Au Sénat », Paris-Flirt, 3 avril 1929, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 1, p. 244.

32  « Assez de futilités, femmes réveillez-vous ! », Satirix, 18, mars 1973, p. 5 (voir illustration 7).

33  « Publicité avisée », Le Journal, 6 mai 1935, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 98.

34  Allusion à la pièce de théâtre de Marcel Pagnol (1928) et à son personnage principal, jeune instituteur vertueux progressivement corrompu par l’argent. Sur les liens entre Dubout et Pagnol, voir, dans ce même dossier, la contribution savante de Solange Vernois.

35  « Promenade à la campagne électorale », Marianne, 22 avril 1936, op. cit.

36  « Vers les élections », Marianne, 3 avril 1935, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 99 (voir illustration 8). De banales escroqueries financières, les affaires Oustric et Stavisky provoquent des scandales retentissants dans la première moitié des années 1930 dès lors qu’elles impliquent les milieux politiques.

37  « Commission d’enquête parlementaire », Ric et Rac, 2 juin 1934, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 76.

38  « Ci-gît le scandale du vin », L’Os libre, 13 novembre 1946, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 390.

39  « C’est la nouvelle machine à écraser les scandales ! », Satirix, 18, mars 1973, p. 7 (voir illustration 9).

40  « Le réveillon au Palais-Bourbon », Le Rire, 22 décembre 1928, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 1, p. 211.

41 « Promenade à la campagne électorale », Marianne, 22 avril 1936, op. cit.

42  « L’élu », 1935, repris dans Satirix, 18, mars 1973, p. 15, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 92.

43  « Après l’élection », Le Rire, 9 mai 1931. Cette caricature, publiée quelques jours avant l’élection du radical Paul Doumer à la présidence de la République, est reprise, à quelques détails près, dans Ici Paris du 15 juin 1953. L’une et l’autre sont reproduites dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 358-360.

44  « La grande peur du Palais-Bourbon », Ric et Rac, 26 mai 1934, reproduit dans Œuvre intégral, op. cit., t. 2, p. 75.

45  Le choix de placer en couverture du numéro de Satirix consacré aux élections législatives de 1973 un bonnet phrygien taillé en pièces par des individus tirant dessus en tous sens est à cet égard particulièrement éloquent (voir illustration 1).

46  Pierre Rosanvallon, La Démocratie inachevée. Histoire de la souveraineté du peuple en France, Paris, Gallimard, 2000.

Pour citer cet article

François Dubasque (2017). "Campagnes électorales et élections à travers les caricatures d’Albert Dubout : temps et espaces de conflits". Tierce : Carnets de recherches interdisciplinaires en Histoire, Histoire de l'Art et Musicologie - Numéros parus | 2017-2 | Dossier.

[En ligne] Publié en ligne le 22 décembre 2017.

URL : http://tierce.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=254

Consulté le 18/11/2018.

A propos des auteurs

François Dubasque

François Dubasque est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Poitiers et membre du CRIHAM (EA 4270). Ses travaux de recherche portent sur le personnel politique français contemporain et sur les pratiques politiques dans leur dimension territoriale. Il a publié Jean Hennessy (1874-1944). Argent et réseaux au service d’une nouvelle république (Rennes, PUR, 2008) et récemment codirigé plusieurs ouvrages dont Terres d’élections. Les dynamiques de l’ancrage politique (1750-2009), avec Éric Kocher-Marboeuf (Rennes, PUR, 2014).




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Dernière mise à jour : 08 mars 2018

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